Mujeres Creando, les Femmes qui créent en Bolivie

Mujeres Creando est un collectif anarcho-féministe bolivien. Le groupe a été fondé en 1992 par Julieta Paredes, María Galindo et Mónica Mendoza, et d’autres femmes dont deux des seules militantes ouvertement lesbiennes de Bolivie.

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Mujeres Creando publie une revue, Mujer Pública (Femme Publique), produit une émission de radio hebdomadaire, et gère un lieu d’accueil appelé Virgen de los Deseos, Vierge des Désirs, situé à La Paz, qui offre logement, nourriture, éducation et ateliers artisanaux aux femmes de la rue.

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Julieta Paredes, l’une des fondatrices du collectif, décrit Mujeres Creando comme « la folie de trois femmes surgies de la gauche arrogante, homophobe et totalitaire de la Bolivie des années 80, où l’hétérosexualité était encore le modèle et le féminisme était vu comme un élément de division ».

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« Pour tous les systèmes de fachos et de machos, la femme est une pute. Que meurent les systèmes, que vivent les putes. »

Le collectif agit de façon nomade et décentralisée : Mujeres Creando tague les murs de la capitale bolivienne de toniques interpellations poétiques et politiques à l’égard du pouvoir, mais aussi du système patriarcal et machiste.

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« Nous sommes des femmes qui nous organisons et qui devons croire en nous. Nous sommes des femmes venues de différents milieux sociaux et avec des pensées différentes. Nous sommes des femmes qui se battent et qui n’ont pas perdu espoir. Nous sommes des femmes qui nous questionnons et qui décidons quelles actions faire et comment les faire. Nous sommes les femmes que nous voulons et nous croyons à l’impossible.

Créer n’est pas impossible, c’est parfois difficile, mais il est toujours possible de créer. Créer parce que nous avons fait cela non seulement dans le temps, mais depuis des millénaires ; nous avons saisi des opportunités et lutter pour les avoir. Créer parce que c’est urgent, nécessaire, merveilleux et politique.

Nous avons créé une garderie, puis une radio féministe. Nous avons créé des recettes de cuisine, puis du matériel pour la prévention de la violence sexuelle sur les enfants. Et nous ne devons pas hésiter parce que le temps est notre ami, et la vie est notre plus grande alliée. »

Passage d’un entretien avec Adrian Rosario, à propos des Mujeres Creando _

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Les Mujeres creando ont réalisé plusieurs films, distribués en France par Le peuple qui manque.

« Je ne suis pas une mariée plantée sur l’autel. Je suis une enfant au cœur mutilé. On m’a brûlé les sentiments avec de l’acide, avec de l’eau bouillante, avec du venin. Je ne suis pas une fiancée plantée sur un quelconque autel. Je hais les hommes, et peut-être qu’à cause de cette haine, les jolies choses qui sont en moi ne se réveillent jamais. Mais écoutez-moi, je dois les haïr pour survivre dans la rue. Je dois me méfier d’eux. Leur mentir du regard, leur démontrer qu’ils ne peuvent s’approcher. Je hais les hommes et la haine que je ressens me protège, pour qu’aucun ne m’exploite, pour qu’aucun ne me touche. J’ai mes raisons que je ne vais pas vous expliquer. J’ai mes raisons que personne ne comprendra. Je ne suis pas heureuse, c’est sûr, parce que la haine ne me laisse pas être heureuse. Je ne suis pas libre non plus parce que la haine ne me laisse pas libre. Mais je ne connais pas d’autres façons de les arrêter, je ne trouve pas d’autres façons pour me détacher d’eux et qu’ils ne m’embêtent pas. Je ne trouve pas d’autres façons de répondre à la vie. »

Extrait de Mama no me lo dijo, de Maria Galindo et Mujeres Creando, documentaire fiction _

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